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Georges Bernanos — Sous le soleil de Satan

Notes

Sur le problème des expériences acquises au travers de facultés sensorielles limitées, sujet qui me passionne depuis fort longtemps, p. 211 :

La langue humaine ne peut être contrainte assez pour exprimer en termes abstraits la certitude d’une présence réelle, car toutes nos certitudes sont déduites, et l’expérience n’est pour la plupart des hommes, au soir d’une longue vie, que le terme d’un long voyage autour de leur propre néant.

L’homme, « un grand enfant plein de vices et d’ennui », p. 267 :

Il sait tant de choses, pauvre curé de Lumbres ! que la Sorbonne ne sait pas. Tant de choses qui ne s’écrivent pas, qui se disent à peine, dont on s’arrache l’aveu, comme d’une plaie refermée — tant de choses ! Et il sait aussi ce qu’est l’homme : un grand enfant plein de vices et d’ennui.

« Entre Satan et Lui, Dieu nous jette, comme son dernier rempart », p. 299-300 :

— Prenez bien garde, Sabiroux, que le monde n’est pas une mécanique bien montée. Entre Satan et Lui, Dieu nous jette, comme son dernier rempart. C’est à travers nous que depuis des siècles et des siècles la même haine cherche à l’atteindre, c’est dans la pauvre chair humaine que l’ineffable meurtre est consommé. Ah ! Ah ! si haut, si loin que nous enlèvent la prière et l’amour, nous l’emportons avec nous, attaché à nos flancs, l’affreux compagnon, tout éclatant d’un rire immense !

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Couverture du livre Sous le soleil de Satan