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Haruki Murakami — Autoportrait de l’auteur en coureur de fond

Notes

La guerre du romancier contre lui-même, p. 19-20 :

Dans le travail du romancier, pour autant que je sache, la victoire ou la défaite n’ont pas de sens. Peut-être le nombre d’exemplaires vendus, les prix littéraires, les critiques élogieuses sont-ils des critères apparents qui fixent la réussite dans le domaine littéraire, mais rien de tout cela ne compte véritablement. L’essentiel est de savoir si vos écrits ont atteint le niveau que vous vous êtes assigné. Une chose difficile à expliquer. Aux autres, vous pouvez toujours fournir une explication appropriée. À vous-même, impossible de mentir. En ce sens, écrire un roman ou courir un marathon, voilà deux activités qui se ressemblent.

Souligné pour la première partie, à moins que ce ne soit pour la deuxième, p. 40-41 :

Je n’ai jamais eu la moindre ambition d’être romancier. J’ai juste eu le désir ardent d’écrire un roman. Je n’avais pas d’image concrète de ce que je voulais écrire, simplement la certitude que, si je me mettais à écrire sur-le-champ, j’irais jusqu’au bout et que je parviendrais à quelque chose de réussi. Rentré chez moi, je me suis installé à ma table et j’ai constaté que je n’avais même pas de stylo à plume correct. Je suis alors allé chez Kinokuniya, à Shinjuku, j’ai acheté une rame de feuilles de papier et un stylo Sailor, à mille yens environ. Un investissement modeste.

La qualité la plus importante pour un romancier, p. 97-98 :

Chaque fois que l’on m’interviewe, on me demande : « Quelle est la qualité la plus importante que doit posséder un romancier ? » La qualité la plus importante pour un romancier… ? C’est tout à fait évident : le talent. Peu importe que vous soyez plein d’enthousiasme ou que vous fassiez énormément d’efforts pour écrire, si vous êtes vraiment dépourvu de talent littéraire, vous ne serez jamais un romancier. Il s’agit là davantage d’une condition préalable que d’une qualité nécessaire.

Murakami est décidément un homme de gout, p. 121 :

Le jour précédent, j’avais choisi Reptile, d’Eric Clapton. Décidément, rien à redire à ces deux compositions. Des musiques qui me vont droit au cœur, dont je ne me lasse jamais. En particulier, Reptile. Je l’ai écouté un nombre incalculable de fois. À mon sens, rien ne vaut Reptile, quand je foule tranquillement la piste, le matin.

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Couverture du livre Autoportrait de l’auteur en coureur de fond