Couverture de Histoire de l’Espagne

Informations

Presses universitaires de France

2017 (1947)

128 p.

978-2130799504

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13 novembre 2018 chez Amazon (9 €)

Dernière lecture

13 novembre 2018 — 27 décembre 2018

Localisation

Caisse E

Mots-clefs

Annoté

Essai

Histoire

Littérature française

Lu en 2018

Histoire de l’Espagne

Pierre Vilar

Délicieusement désuet. Étonnamment pertinent.

Notes

De l’histoire comme on en fait plus, p. 4 :

Isolement et pauvreté, la littérature contemporaine a souvent ces deux termes même à l’origine des valeurs spirituelles du peuple espagnol. De là dériveraient « l’essence de l’Espagne » selon Unamuno, ses « profondeurs » selon René Schwob, sa « virginité » selon Ganivet ou Frank. Indéniablement l’homme des plateaux, dans le récit que nous allons esquisser, jouera un grand rôle, le premier sans doute. Et c’est bien de la nature de son pays qu’il a tiré sa passion pour l’indépendance, sa valeur guerrière et son ascétisme, son goût de la domination politique et son mépris pour le gain marchand, son aspiration à faire et maintenir l’unité du groupe humain de la Péninsule.

Des différences entre le « nationalisme basque » et le « catalanisme », p. 69-70 :

Le nationalisme basque se développera surtout au XXe siècle. Mais il naît au XIXe siècle avec son apôtre Sabino Arana. Et il se manifeste d’abord à Bilbao, ce qui permet de le classer moins comme un héritage du vieux « fuérisme » que comme réaction d’une région économiquement avancée contre la direction politique du centre en retard.

Le catalanisme, plus tôt constitué, plus tôt menaçant, répond mieux encore à cette définition. Pourtant il avait commencé comme un « félibrige ». La langue catalane retrouva dignité littéraire entre 1833 et 1850, avec l’Ode à la patrie d’Aribau, les poésies de Rubió i Ors, les Jeux floraux. Les travaux historiques des Bofarull, Milà Fontanals, Balaguer mirent à la mode le passé catalan. De grands poètes surgirent : Verdaguer, plus tard Maragall. Le tout est de savoir pourquoi ce courant intellectuel, dont la valeur ne dépasse pas littérairement l’œuvre mistralienne, a pu trouver à son service un théâtre, une presse, des associations, et finalement marquer tout un peuple, au lieu de demeurer œuvre de chapelle et d’almanach.

C’est sans doute que « la terre, la race et la langue » dessinent nettement une Catalogne. Cependant la pression de ces faits est discontinue : on les avait presque oubliés entre 1750 et 1830. D’ailleurs Cerdagne et Roussillon ne leur ont pas donné de sens politique. La reconquête même de la langue (œuvre, surtout, de Pompeu Fabra, entre 1910 et 1925) suit, plutôt qu’elle ne précède, l’enthousiasme politique pour l’autonomie. C’est dire que le vrai problème n’est pas dans ces « faits différentiels » (géographie, ethnie, langue, droit, psychologie ou histoire), mais dans les raisons pour lesquelles un milieu donné, à un moment donné, a repris conscience. Ces raisons sont doubles : d’une part impuissance de l’État espagnol ; d’autre part dissemblance croissance entre la structure sociale de la région catalane et celle de la majorité du reste de la nation.

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